Wednesday, 31 August 2011

Rock en Seine 2011 . Le pieds dans la boue et la tête dans la musique

L'édition 2011 du festival Rock en Seine était un peu confuse sur le papier (ou sur le web) en termes de programmation, avec certaines têtes d'affiche qui ne font pas autant rêver que les autres années, des enchaînement de styles un peu déroutants et pas mal de trucs electro disséminés tout au long des trois jours. Il restait par contre des choses forcément sympas à voir et beaucoup à découvrir. Finalement après avoir flairé, tendu l'oreille, écouté les conseils, changé d'avis, fait quelques sacrifices et laissé faire un peu le hasard, ce furent trois jours vraiment excellents.

Jour 1: Smith Western, Odd Future (OFWGKTA), CSS, The Kills, Foo Fighters.

Première journée collé à la barrière de la grande scène, pour le meilleur et pour le pire..
Passons vite sur Smith Western, rien à reprocher, pas désagréables, mais clairement vite oubliés.

Odd Future, groupe de Rap US qui dénote à priori un peu dans l'enchaînement de cette première journée a créé le premier choc en déboulant sur scène dans une joyeuse anarchie. Une agressivité simulée qui a fait effet quelques minutes mais qui cachait finalement difficilement beaucoup de générosité et une envie de s'amuser et de partager le show avec le public. La musique n'a pas été le plus marquant dans ce show, d'autant plus que les basses passaient par dessus tout le reste et bousillaient tout, laissant heureusement juste assez de place pour les voix, mais l'énergie phénoménale du groupe et les aller-retour incessants de chacun des rappeurs entre le public et la scène dont ils ont envahi chaque mètre carré au bout de trente secondes et qu'ils ont tenue sans un seul temps mort pendant 45 minutes ont complètement capté le public (contact plus que physique avec le public, dont le slam certainement le plus rock du festival, l'un d'eux se jetant dans le public avec une attelle la jambe !) .



CSS arrivent ensuite dans une ambiance festive avec machine a bulles, costume rouge et noir et T-shirt estampillé "trash" et maquillage-peinture pour Lovefoxxx (un peu malchanceuse sur ce concert comme on le verra plus tard).
Lovefoxxx, CSS















Ils attaquent d'emblée avec une nouvelle chanson, 'I Love You', et il n'y a pas de temps d'observation, même pas l'impression de voir un groupe qui démarre son set : au bout de dix secondes on est complètement dans le concert. Ils jouent beaucoup de titres du nouvel album, pas encore entendu car sa sortie est programmée pour le lendemain de ce week end de festival et l'ensemble est très prometteur. Un piano fait son apparition sur certains nouveaux morceaux, et l'énergie est visiblement toujours là sur les nouvelles compositions, en particulier sur "La Liberación", la chanson-titre du nouvel album.
 
CSS















Luiza Sá profite d'avoir laché un moment sa guitare et d'être derrière ses claviers pour faire des photos du public, Lovefoxxx fait n'importe quoi, y compris faire tourner son micro autour d'elle en enroulant le fil autour de son bras jusqu'au moment où, le cable se raccourcissant à chaque tour, elle reçoit le micro dans la tête (énorme "poc" amplifié qui a fait apparement plus de peur que de mal). Le reste du groupe est plutôt concentré et assez discret ce qui fait qu'il est difficile de la quitter des yeux tant elle est bouge et capte l'attention.

Mal inspirée décidément, elle décide très gentiment, alors que le concert est terminé, de descendre vers les premiers rangs pour distribuer quelques flyers et petits mots qu'elle a visiblement bricolé pour le public, et elle se tord méchamment le pied en courant d'un côté à l'autre, pour s'atterrir contre la barrière sans bouger, le souffle coupé par la douleur. Elle quittera finalement la fosse dans les bras des gars de la securité, portée jusqu'à la tente de secours dont elle ressortira un quart d'heure plus tard assise dans un fauteuil roulant.
Seule cascade réussie, un peu plus tôt pendant le concert, le lancer de bouquet de fleur dans le public et en arrière, après nous avoir expliqué "I'm getting married today...". Béquilles et robe de mariée au programme de la journée donc, à moins que ce ne soit une blague, ce qui est loin d'être impossible ..!

Lovefoxxx, CSS




















The Kills arrivent ensuite, face à un public visiblement bien préparé à les (rece)voir.
C'est maintenant un vieux groupe, mais un groupe qui vieilli vraiment bien. Ca se traduit par de l'élégance chez Hotel et de la maîtrise chez VV. Le concert est parfait, professionel et maîtrisé, mais sans empêcher de voir qu'ils sont contents d'être là, contents d'être sur scène, contents d'être face à un public et contents d'être aimés. Evidemment ils ne laissent plus trop intervenir le hasard pendant les concerts et de plus, pour les avoir déjà beaucoup vus cette année, la set-list reste inchangée, mais chaque titre est un plasir renouvelé et un festival étant en grande partie de la promo il faut forcément sacrifier à la conquête ou à la consolidation du public.
On découvre à cette occasion que toutes les chansons des Kills ne sont pas compatibles avec le mâchage de chewing gum (ou l'inverse), Alison Mosshart décidant en fonction des titres soit de le garder en bouche soit de le coller sur un retour pour être sûre de le retrouver plus tard.
Précédés d'une réputation et d'une aura qui pourrait être un piège, ils ont réussi à convaincre tout le monde au vu des commentaires entendus à droite et à gauche ensuite.


The Kills
































Après les Kills, la grosse erreur de la journée aura été de ne pas fuir la barrière.
Les suivants et derniers sur la liste pour la journée sont les Foo Fighters, et quitte à être là, autant voir le concert au plus près. Double erreur en réalité car outre le cauchemard auditif que représente le son suramplifié du groupe jeté en pleine tête par un mur d'amplis installé juste devant la barrière (avez vous déjà eu le sentiment que les os de votre crâne se disloquaient ? Même le soundcheck, instrument par instrument, était trop fort au point qu'un simple coup de caisse claire était pénible), le nombre de personne au m² qui a maintenant doublé ne permet plus de s'échapper, en tout cas d'espérer rester en vie en quittant la barrière, à moins de simuler un évanouissement pour se faire sortir par la sécu au risque d'y laisser une ou deux chaussures, voir plus grave...! Les Foo Fighters arrivent en terrain conquis, et font LE show, 100% calculé, Dave Grohl courant partout sur scène tout en jouant (?) de sa guitare, haranguant le public comme s'ils n'étaient pas assez acclamés, et le groupe nous assène deux heures de show à fond, sans lever le pied, en insistant bien sur le fait qu'ils ont un temps limite à respecter et qu'ils vont essayer de jouer le plus de morceaux possibles avant qu'on ne leur demande de s'arrêter (merci de nous soigner autant!). Le cauchemard dans le cauchemard puisque le concert dont chaque minute semble déjà trop longue commence avec 15 minutes d'avance mais se termine visiblement un peu au delà de l'heure prévue. Pas grand chose à dire sur les titres, quasiment inconnus avant le concert et toujours quasiment inconnus après pour moi, c'est globalement du rock américain de base, calibré et sans âme, les morceaux plus lents ayant systématiquement tendance à être encore plus pénibles que les autres. Le groupe bénéficie visiblement de la caution Dave Grohl, ex-Nirvana, donc légende du rock pour l'éternité. Sa discrétion sur le sujet plus le côté indiscutablement sympathique du personnage lui permet visiblement de proviter de la bienveillance de tout le monde, quoi qu'il fasse. C'est incontestablement quelque chose de l'avoir sous les yeux, mais imaginons un instant le même groupe sans lui, il est très probable que tout ça aurait un aspect beaucoup moins attractif et qu'ils n'auraient peut être pas quitté les caves de leurs premières répètes. Seule occupation amusante de la soirée : observer le côté droit de la  scène où se sont installés une bonne moitié des CSS ainsi que Jamie Hince et Alison Mosshart des Kills. Si celle-ci s'amuse beaucoup avec le clavier des Foo Fighters, qui n'intervient que ponctuellement pendant le concert et passe donc une bonne partie du temps assis sur le côté, bouteille de champagne à portée de main (au point d'oublier de revenir pour un titre et de rejoindre ses claviers en catastrophe), Jamie Hince semble lui s'ennuyer un peu, regardant le concert d'un oeil ramolli et applaudissant machinalement entre les titres. Il a l'air assez bluffé par l'énergie de Dave Grohl mais il semble quand même que nous sommes au moins deux à nous emmerder.

.../...

Tuesday, 8 February 2011

Noir Désir.. White Stripes... en deux mois on a perdu 3 couleurs.. même si ce n'est pas une surprise, va falloir que ça s'arrête..! Je n'ose pas faire la liste des groupes qui portent un nom en black quelque chose..!

Wednesday, 2 February 2011

02/02/2011

2 février 2011: Voilà... fini les White Stripes...
Ils sont tombés sur la musique de la fin des 90's comme une météorite, ont anéantis les dinosaures au passage et ont ouvert les années 2000.
Mission terminée, ils referment les années 2000 et laissent la place...




The White Stripes 07.06.2007 | Photo by Adrianna Carotta

Sunday, 19 December 2010

Noah & The Whale are back

It's a tape. Press "play" and enjoy!



Get Adobe Flash playerhttp://www.noahandthewhale.com/

Saturday, 4 December 2010

2010 = BRMC








Nous sommes fin 2010...
Qu'est-ce qu'il reste? qu'est-ce qu'il restera?
Ce qu'il restera, on verra plus tard, par contre ce qu'il reste de 2010, maintenant, il n'y a aucun doute. C'est comme un feedback de guitare qui n'en finirait pas de résonner, impossible à éteindre... Ce qu'il reste, c'est BRMC. LE groupe de l'année.
Ce groupe a démarré l'année 2010 avec un album, 'Beat The Devil's Tattoo' qui est arrivé tranquillement, discrètement, au milieu des annonces hebdomadaires de "nouveau groupe de l'année" ou de deuxième album du groupe qui a cartonné l'année dernière...

'Beat The Devil's Tattoo' - March 2010

Rien... pas d'annonce, pas de couvertures de magasines achetées par la promo, pas de surenchères sur les critiques... Rien, si ce n'est ce disque suivi d'une tournée des salles en Europe et ailleurs dans le monde, une tournée des festivals tout l'été, et une autre tournée des salles ailleurs dans le monde, puis encore en Europe.


Rock en Seine, Paris, Août 2010 | ©PhiL

Rock en Seine, Paris, Août 2010 | ©PhiL

Rock en Seine, Paris, Août 2010 | ©PhiL

Trois musiciens, deux gars et une fille, qui montent sur scène, presque chaque soir (combien de concerts ont-ils fait en 2010? Ils vont jouer leur 1000ème concert à Londres le 11 décembre!), qui jouent intensément, avec une passion palpable, avec un plaisir évident, mais sans jamais, jamais se prendre pour autre chose que d'authentiques musiciens qui aiment ce qu'ils font et qui sont heureux que le public aime ce qu'il font...
Et quel public! Un public conquis, dans tous les sens du termes, conquis sans tricher. Des fans de la première heure, qui ont eu la chance de tomber sur leurs premiers albums, à ceux qui sont arrivés en cours de route, on ne peut pas faire la différence,
indistinctement tous sont aimantés par la même force ; tout le monde est dans un état particulier à un concert de BRMC...

Elysée Monmartre, Paris, Decembre 2010 | ©PhiL

Ils ont atteint un niveau de maîtrise de leur musique qui fait qu'ils peuvent tout se permettre. Leur discographie est tout simplement parfaite. Rien à jeter, rien à cacher, rien de honteux. Il leur suffit de piocher dedans au gré de leurs envies pour constituer la set-list de chaque concert, et il n'y a jamais de faiblesse, jamais de temps mort. Combien de groupe pourraient jouer l'intégralité de leur répertoire sans risquer la faute de goût?
La particularité de BRMC, autant en concert que sur disque, est qu'il n'y a pas de titres qui écrasent les autres. A aucun moment on se dit à la fin d'une chanson qu'ils viennent de terminer notre titre préféré et que le reste sera forcément en dessous. Dès qu'une nouvelle chanson démarre, on est tout de suite emporté, et on en oublierai presque immédiatement la précédente. C'est rare dans un concert.
Ils se payent même le luxe de basculer les chansons de l'électrique à l'acoustique au gré de leurs envies, et tout passe.


La rage à peine contenue de Robert L. Been (basse, guitare, piano et chant)
, qui maltraite sa basse, la finesse et la précision d'orfèvre de Peter Hayes (guitare et chant - et quelle voix! - et qui de temps à autre ajoute l'harmonica à sa panoplie),
qui caresse sa guitare - il n'y a qu'à regarder leurs instruments pour comprendre : les basses de Robert sont écaillées, raclées, le vernis arraché jusqu'à la fibre du bois, les guitares de Peter sont impeccables, en tout cas de loin...). Et puis il y a la frappe parfaite de Leah Shapiro, nouvelle recrue à la batterie, qui drive tout de manière parfaite et dont on espère qu'elle ne partira jamais tellement elle s'est imposée en un rien de temps comme LA batteuse de BRMC. On n'imagine même pas que d'autres aient pu tenir ce rôle à sa place avant.

Leah Shapiro (Bataclan, Paris, Mai 2010) | ©PhiL


Peter Hayes (Elysée Montmartre, Paris, Décembre 2010) | ©PhiL
Robert Levon Been (Bataclan, Paris, Mai 2010) | ©PhiL
Pour les avoir vus trois fois cette année, et pour connaître des gens qui ont dépassé la dizaine de concerts, il y a quelque chose de spécial qui fait qu'on ne s'en lasse pas et que chaque concert ranime une émotion intacte, exactement comme chaque chanson ranime quelque chose encore différent de la précédente.



Voilà, BRMC aura été le groupe de cette année 2010. Ils ont occupé le terrain en permanence, ont même eu l'élégance de tenir leurs engagements alors qu'ils se prenaient de plein fouet un drame qui en aurait stoppé plus d'un, et dont ils n'ont rien laissé paraitre. Ils l'ont partagé, sans le cacher, mais sans faire le moindre commentaire. En un mot, ce groupe est l'élégance incarnée.

L'année tient en 4 chiffres: 2010, et en 4 lettres :




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PhiL -Dec. 2010